XAVIER DARCOS, Ministre de l'Education Nationale, a annoncé, sans avoir consulté les syndicats, le 29 Octobre, la destruction du BEP dès la rentrée 2008. Aux deux années de BEP, suivies de deux années de BAC PRO, le gouvernement substituera un BAC PRO en 3 ans.
Le gouvernement crée plus de sélection et rigidifie les inégalités sociales !
Actuellement, après la 3ème, on a plus ou moins le choix entre un CAP, un BEP et la 2nde générale. Avec cette réforme, on constatera une limitation et un verrouillage de l'offre de formation professionnelle après la 3ème.
Les BAC PRO seront élitistes et la sélection encore plus impitoyable qu'aujourd'hui. Ingurgiter le programme de quatre années en trois ans, ce n'est pas donné à tout le monde. La plupart des élèves de BAC PRO ont BESOIN de ces 4 ans de formation. Les élèves plus fragiles seront orientés vers un CAP. Cette réforme exclue les classes populaires du BAC PRO. La réforme détruit les passerelles entre filières pros, techniques et générales : impossible, en passant un CAP, de continuer jusqu'au BAC ce qui était possible avec un BEP : les inégalités sociales seront renforcées.
La bourgeoisie incite à une drastique baisse des dépenses...
Ce sont les BEP et BAC PRO qui trinquent !
La bourgeoisie, qui soutient le gouvernement, exige de lui qu'il réduise très vite les dépenses déjà insuffisantes allouées à l'enseignement. Pour supprimer les 11200 postes d'enseignants, le gouvernement choisit de s'attaquer en priorité à ceux et celles dont il se moque : les jeunes des classes populaires : 25 % des postes dans l'enseignement professionnel seront supprimés.
Les formations qui vont être créées le seront à la va vite, sans livres, sans véritables programmes. On peut s'attendre à ce que les enseignements généraux soient réduits. Les travailleurs-euses en formation dans l'Education Nationale ont le droit à la culture et à une formation de qualité.
Le gouvernement attaque les travailleurs pendant qu'ils sont en formation dans l'intérêt du patronat.
Avec l'obtention d'un BEP, on a le droit à une rémunération prévue dans les conventions collectives (Titre V). Le gouvernement évoque de façon floue un certificat après deux ans de BAC PRO qui ne vaudra rien sur le marché du travail. C'est un niveau de qualification reconnu dans les conventions collectives qui saute aussi !
Les élèves actuellement en BEP seront donc mis en concurrence avec des travailleurs ayant les même qualifications qu'eux, mais qui coûteront moins cher aux patrons. Idem pour les élèves actuellement en BAC PRO : ils-elles seront en concurrence avec des travailleurs ayant eu un an de moins de formation.
Cette réforme est dans l'intérêt du patronat local : elle créera une masse importante de travailleurs qui ne seront pas protégés par un droit du travail déjà vacillant. Le gouvernement n'offre aux futurs travailleurs qu'une formation a minima où ce sera marche ou crève.
Avec les élèves de lycées professionnels, les JCML du Rhône exigent le retrait de cette réforme. Les JCML les appellent à la mobilisation pour la sauvegarde de l'enseignement professionnel et de leurs droits en tant que futurs travailleurs-euses.
LE 24 JANVIER, LES PROFESSEURS SERONT EN GREVE : C'EST LE JOUR POUR LES ELEVES D'ENTRER EN ACTION CONRE CETTE REFORME !
